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Publicação com artigos gratuitos na internet. Leia parte do editorial da edição especial de setembro de 2019 “La fureur de livre”

La fureur de « livre »

Par Nicolas Domenach dans mensuel 21
daté septembre 2019

Source: Le nouveau Magazine Littéraire (numéro spécial)

Il faut lire dans les étoiles, la nuit apparaît moins sombre. C’est pourquoi notre Magazine a accordé plus d’importance encore que les autres années à la « rentrée littéraire ». Plus qu’un rite, un rendez-vous mythologique et… politique.

On sait que la lecture est « un moyen d’évasion », le seul légal en prison. Et Dieu sait si l’on a besoin de s’évader, loin du vacarme de notre quotidienneté, qu’on croirait racontée « par un idiot, pleine de bruit et de fureur »… Toni Morrison, la Belle, rebelle et Nobel, qui vient de disparaître, l’avait ainsi formulé, en recevant cette distinction (seule femme noire à l’avoir obtenue) : « Le langage qui embrouille ou le langage mensonger des médias bêtifiants ; […] le langage fier mais calciné du monde universitaire […], il faut le rejeter, le changer et le dénoncer. »

Cette guerrière descendante d’esclaves disait aussi : « Mon truc à moi, c’était plutôt d’éliminer l’oppression de mon esprit. Et là l’univers s’ouvre […]. » Elle était ainsi devenue « une femme libre », invitant son lecteur à y voir plus clair, et moins « blanc », nous rappelant que Hemingway, Melville, Twain et les plus grands littérateurs avaient « une idée du Blanc qu’ils étaient en imaginant le Noir : son langage étrange presque étranger […], la violence, la sexualité, la colère, ou bien, si c’est un bon noir, la servilité, l’amour ». Pour mieux comprendre la ségrégation, la profondeur de ses racines, Donald Trump, l’Amérique blanche « great again », ce sont les ouvrages de Toni Morrison, bouleversants, qu’il faut lire d’abord, tel Beloved : comment une femme noire peut en arriver à tuer son enfant afin qu’elle ne connaisse pas son destin d’esclave.

Rien de moins désespérée pourtant que Toni Morrison, qui voulait donner à voir avec lucidité. Grâce à une écriture qu’on a dite « noire », mais comme du marc de café où l’on décrypte le présent et l’avenir. Ce qui n’est pas l’apanage des auteurs étrangers. Vive notre rentrée littéraire qui comprend… de sacrées sorties ! Sachant que se distinguent particulièrement cette année les autrices. Non qu’elles se revendiquent toutes du féminisme, mais elles affirment des puissances romanesques inédites. Par exemple, Emma Becker, qui nous entraîne deux ans et demi dans un bordel à Berlin (La Maison). Ça étincelle, ça met le feu, comme dans Le Nom secret des choses de Blandine Rinkel ou dans le nouveau Karine Tuil (Les Choses humaines). C’est encore Laurent Binet, qui lui nous fait voyager, en imaginant la conquête de l’Europe par les Incas. Le choc de la religion du Soleil face au culte du Dieu clouté, le triomphe de la ruse et de la sexualité libérée…

Lisez le magazine complète à la Médiathèque

set. 2019

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